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Le Québec est à court d’énergie

  • David Boudeweel
  • 6 hours ago
  • 2 min read

Alors que se termine la dernière session parlementaire avant les élections, un constat s’impose : l’énergie demeure l’un des principaux angles morts du bilan du gouvernement de la CAQ. Les enjeux liés à l’approvisionnement énergétique occupent rarement l’avant-scène du débat public, mais ils sont pourtant au cœur de presque tous les grands défis économiques du Québec. Les signaux d’alerte se multiplient et ne montrent aucun signe d’apaisement.


D’abord, Hydro-Québec doit composer avec des niveaux de réservoirs bas. Depuis plusieurs mois, le Québec importe de l’électricité de l’Ontario, souvent à des coûts importants. Dans une province qui a longtemps misé sur l’abondance de sa propre hydroélectricité comme avantage stratégique, cette situation récente n’est pas un simple détail technique. C’est un signal d’alarme.


Malgré ces importations coûteuses, le gouvernement continue de parler de transition énergétique comme si la voie à suivre était déjà clairement définie, en promettant plus d’électrification, plus de projets industriels, plus de croissance et plus de décarbonation. Mais la question de base demeure : avec quelles sources d’énergie? Dans leur forme actuelle, les efforts de décarbonation relèvent largement de l’illusion. L’efficacité énergétique est un objectif louable, mais elle ne suffira pas à absorber la hausse de la demande et, à elle seule, elle ne remplacera jamais les mégawatts manquants.


Le même décalage se constate dans le dossier du gaz naturel. Les prix augmentent, en partie en raison de l’inclusion du soi-disant gaz naturel renouvelable, souvent importé des États-Unis. Pendant ce temps, le Québec refuse toujours d’examiner sérieusement les ressources gazières disponibles sur son propre territoire. Autrement dit, on demande aux ménages et aux entreprises de payer plus cher pour de l’énergie venue d’ailleurs, alors que des ressources qui pourraient contribuer à notre sécurité énergétique sont laissées inexploitées, juste sous nos pieds.


Pire encore, le gouvernement impose un quota de 5 % pour la consommation de gaz renouvelable, un seuil qui doublera pour atteindre 10 % en 2032. Ce gaz coûte plus de trois fois le prix du gaz naturel conventionnel, provient majoritairement des États-Unis et est souvent boudé par les consommateurs. Au lieu d’alléger la pression sur les ménages et les entreprises, le Québec ajoute une autre contrainte coûteuse à un système énergétique déjà sous tension.


La plus grave erreur du gouvernement est peut-être de ne pas avoir compris assez tôt que l’énergie n’est pas seulement un enjeu environnemental, mais aussi une question de sécurité, de compétitivité et de souveraineté économique. Dans un contexte mondial instable, l’incapacité d’assurer l’approvisionnement énergétique du Québec pourrait coûter très cher, très rapidement.


Le Québec est à court d’énergie, et la situation ne montre aucun signe d’amélioration. Si le gouvernement continue de repousser les choix difficiles, les Québécois de toutes les régions en paieront le prix. Pour éviter une désindustrialisation graduelle, la province doit accepter une vérité simple : elle aura besoin de plus d’énergie, sous plusieurs formes, et d’une stratégie claire et fortement ciblée.

 
 
 

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