L’actualité québécoise en bref
- David Boudeweel
- 9 hours ago
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Avec le retour des parlementaires à l’Assemblée nationale, le Québec est officiellement engagé dans le dernier droit avant la prochaine campagne électorale. La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, sonne la charge. Fidèle à son habitude, l’équipe de Québec Now vous présente les faits saillants de l’actualité des dernières semaines. Bonne lecture!
Rentrée parlementaire : atterrissage en douceur pour Christine Fréchette
Les observateurs attendaient avec impatience la reprise des travaux parlementaires et le baptême de feu de la nouvelle première ministre caquiste, Christine Fréchette. Le retour à l’Assemblée nationale se sera globalement bien déroulé pour la nouvelle équipe gouvernementale. La première ministre n’a pas été mise en difficulté par les parlementaires de l’opposition, qui se sont surtout attardés à l’associer à son impopulaire prédécesseur François Legault. Quant au dossier chaud de l’heure, l’implantation du DSN (voir section suivante), celui semble pour le moment se faire sans accro majeurs.
Les priorités de la première ministre pour le prochain mois
Christine Fréchette n’a pas perdu de temps pour établir ses priorités : faire adopter une loi pour permettre aux femmes de vérifier les antécédents criminels de leurs conjoints, convertir 5000 places en garderie, agir sur les prix de l’essence et de l’épicerie, rembourser la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs, réduire le fardeau administratif des PME, dévoiler une nouvelle stratégie pour l’achat québécois dans les contrats publics, lancer des projets-pilotes de salles d’attentes virtuelles, étendre la Loi 101 à la formation professionnelle et des adultes, réactiver le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), une voie accélérée pour l’immigration dont la suspension avait plongé le précédent gouvernement dans la controverse... Reste à voir si elle pourra livrer cette imposante marchandise, avec moins de 5 mois avant la prochaine élection, et seulement 4 semaines de travaux parlementaires restantes.
La nouvelle première ministre règle des dossiers épineux de l’ère Legault
Avant même le retour à l’Assemblée nationale, Christine Fréchette s’est attelée à régler des dossiers ayant longtemps empoisonné son prédécesseur. Ainsi, dans les jours suivant sa nomination, Christine Fréchette a annoncé la conclusion d’une entente avec les médecins spécialistes concernant leur rémunération. Elle a également annoncé le déblocage d’une somme de 700 millions de dollars pour accélérer les travaux de construction du futur hôpital Maisonneuve-Rosemont, dont l’état de décrépitude avancé avait marqué l’imaginaire collectif et amorcé un débat plus vaste sur l’état des infrastructures publiques au Québec.
Psychodrame autour du Dossier santé numérique
Alors que le Québec se remet encore difficilement du fiasco SAAQclic, Santé Québec a procédé, le 8 mai, au déploiement du Dossier santé numérique dans deux régions pilotes. Cette plateforme vise à centraliser les informations médicales des patients afin d’en faciliter l’accès pour les usagers et les professionnels de la santé. Malgré les appels des oppositions, dans le sillage des critiques de l’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique désormais député indépendant, le gouvernement a maintenu son échéancier. Déployé comme prévu dans la nuit du 8 mai, le système semble jusqu’ici avoir évité le scénario catastrophe appréhendé, malgré quelques bogues mineurs.
Constitution : Fréchette piégée par le Parti conservateur du Québec
La première ministre Christine Fréchette entretient des réserves bien connues à l’égard du projet de Constitution du Québec porté par son ministre Simon Jolin-Barrette. Lors de la course à la chefferie, elle avait conditionné son adoption à l’appui d’au moins un autre parti, consciente de l’isolement de la CAQ sur cet enjeu. Or, surprise : le Parti conservateur du Québec, qui compte désormais une député dans ses rangs après le recrutement d’une ex-caquiste, a récemment annoncé son soutien au projet de loi, plaçant Mme Fréchette dans une position délicate. La première ministre devra vraisemblablement espérer que le Parti libéral du Québec fasse obstruction afin d’empêcher son adoption d’ici l’été.
PLQ : Charles Milliard trébuche deux fois sur la protection de la langue française
Comme plusieurs chefs libéraux avant lui, Charles Milliard découvre la difficulté de concilier la défense du français et les attentes de la minorité anglophone, pilier traditionnel de la base électorale du Parti libéral du Québec. Après avoir surpris en affirmant qu’un éventuel gouvernement libéral aurait recours à la clause dérogatoire pour protéger une loi renforçant le français, il a dû effectuer un recul embarrassant devant la contestation d’une partie de son caucus. Plus récemment, il a provoqué un tollé en évoquant l’existence de deux langues officielles, alors que le français est la seule langue officielle du Québec. Des difficultés bien opportunes pour le PQ et la CAQ, qui ont vu le PLQ prendre la tête des sondages.
Devant l’imminence de la campagne électorale, de grosses pointures se dévoilent
Désireux de se positionner comme le gouvernement en attente, les différents partis politiques ont entamé ces dernières semaines la valse des candidatures-vedettes. Chez Québec Solidaire, Alexandre Boulerice a officiellement abandonné le NPD pour se présenter avec les solidaires. Le PQ, lui, a recruté Philippe Schnobb, ex-journaliste et ex-Président du conseil d’administration de la STM, ainsi que l’avocat René Branchaud, chef de pratique du groupe Droit des affaires au cabinet Lavery. Le PLQ devrait aussi annoncer de manière imminente de grosses pointures avec Pierre Cossette, ex-recteur de l’Université Sherbrooke, l’ex-président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, et Julie White, la présidente de Manufacturiers et Exportateurs du Québec. La CAQ, elle, demeure pour le moment silencieuse, soit par obligation, soit par stratégie.