Élections québécoises 2026 : bilan de la troisième semaine
Après deux semaines bien remplies à sillonner la province, les autobus de campagne ont convergé vers Montréal pour un moment crucial de l’élection : les deux premiers débats des chefs. Voici les faits saillants des derniers jours, toujours aussi hauts en couleur, de la campagne.
Débats des chefs : Fréchette sous pression
Alors que le meneur dans les sondages est habituellement la principale cible lors d’un débat des chefs, c’est plutôt Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir, qui s’est retrouvée attaquée de toutes parts lors du Face-à-Face de TVA. La cheffe caquiste a fait de son mieux pour repousser les attaques combinées de ses adversaires, mais elle a semblé déstabilisée et, par moments, même mécanique. Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec (PCQ), a pour sa part livré une première performance particulièrement forte, réussissant à s’adresser à des électeurs au-delà de sa base conservatrice traditionnelle.
Le deuxième débat, diffusé sur Crave, a peu changé la dynamique générale. Fréchette avait besoin d’un moment fort pour modifier la trajectoire de la campagne, mais celui-ci n’est jamais venu. Charles Milliard, du Parti libéral du Québec (PLQ), a été solide, mais devait lui aussi réussir à se démarquer davantage, tandis que Duhaime a de nouveau bien performé et que Ruba Ghazal, de Québec solidaire (QS), a connu une généralement bonne soirée.
Débats des chefs : le PQ protège son avance
Paul Saint-Pierre Plamondon, du Parti québécois (PQ), est sorti du premier débat en bonne posture, adoptant un ton plus calme et plus mesuré que ce à quoi ses adversaires pouvaient s’attendre. Il a également évité d’être placé sur la défensive au sujet de sa proposition référendaire. Le deuxième débat a eu une saveur différente : le PQ étant déjà en tête dans les sondages, Saint-Pierre Plamondon a surtout joué en défensive, pris peu de risques et donné peu d’occasions à ses adversaires de renverser la dynamique. En termes de hockey, il a joué la trappe — et n’y a rien perdu.
Ni Fréchette ni Milliard n’ayant réussi à provoquer le moment décisif dont ils avaient besoin, le deuxième débat semble avoir peu changé le cours de la campagne, laissant le PQ en position de force.
L’effet Trump s’estompe, la CAQ recule dans les sondages
Les nuages de la guerre tarifaire qui planaient sur la campagne depuis le début semblent se dissiper, au grand dam de Christine Fréchette. Alors que le PQ demeure en tête, la CAQ a perdu de précieux points et se retrouve maintenant derrière son rival libéral. Le plus récent sondage Léger place le PQ à 29 %, suivi du PLQ à 23 %, de la CAQ à 21 %, du PCQ à 17 % et de QS à 10 %.
La réponse de Fréchette sur le référendum soulève des questions
Certaines erreurs sont entièrement auto-infligées et suffisamment coûteuses pour suivre un candidat pendant une bonne partie d’une campagne. Christine Fréchette a peut-être commis une telle erreur lorsqu’elle a refusé de répondre à une question pourtant simple d’un journaliste sur sa position personnelle concernant l’indépendance du Québec. Elle a tenté de rectifier le tir dans les jours suivants en insistant à plusieurs reprises sur sa position autonomiste, mais il était trop tard : le mal était déjà fait.
Les scandales informatiques reviennent hanter la CAQ
À la veille du débat des chefs, Radio-Canada a révélé qu’un projet informatique en santé initialement évalué à 96 millions de dollars avait vu ses coûts exploser pour atteindre un milliard de dollars. Les adversaires de la CAQ ont rapidement saisi l’occasion et accusé Christine Fréchette de poursuivre le gaspillage de fonds publics amorcé sous son prédécesseur. La CAQ a choisi de remettre en question les informations contenues dans le reportage, qu’elle a présenté comme une tentative de salir sa cheffe à l’approche des débats.
Les inquiétudes s’accumulent dans les rangs du PLQ
Malgré une modeste remontée dans les sondages, Charles Milliard a peu de raisons de célébrer. Juste avant le premier débat, il a fait face à une vague de critiques médiatiques provenant d’anciens stratèges, ministres et députés libéraux, qui ont dénoncé son inexpérience, le manque de jugement politique de son équipe et la performance terne de sa campagne. Sa prestation polie, mais effacée, lors des débats qui ont suivi a peut-être donné raison à ses détracteurs.
Verdict – Semaine 3
Meilleure semaine:
Le PQ, qui est sorti des débats sans dommages et semble bien placé pour maintenir son avance, ainsi que le PCQ, dont le chef a livré une bonne performance et qui continue de maintenir ses appuis dans les sondages.
En difficulté:
La CAQ demeure sur la défensive, confrontée à de nouvelles critiques sur la gestion de grands projets informatiques, aux hésitations de Christine Fréchette sur la question nationale et à sa performance terne lors des débats.
À surveiller:
Les libéraux réussiront-ils à profiter du refus de Christine Fréchette de répondre aux questions sur ses opinions personnelles concernant la souveraineté du Québec pour ramener les électeurs fédéralistes dans leur giron?

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