Élections québécoises 2026 : bilan de la quatrième semaine
À moins de deux semaines du scrutin, la campagne provinciale entre dans son dernier droit. Après trois débats des chefs, les grandes tendances commencent à se préciser : le Parti Québécois (PQ) demeure en tête, le Parti libéral du Québec (PLQ) conserve la deuxième place, la Coalition avenir Québec (CAQ) peine à regagner du terrain, tandis que le Parti conservateur du Québec (PCQ) demeure une force importante dans la région de Québec. Les derniers jours de la campagne seront déterminants pour voir si ces tendances se traduiront concrètement dans les urnes le 5 octobre.
Dernier débat des chefs
Le dernier débat des chefs de Radio-Canada, mercredi soir, semble peu susceptible d’avoir modifié la dynamique générale de la campagne. S’il n’y a pas eu de gagnant clair, Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) en a sans doute tout de même tiré avantage, simplement en évitant un faux pas majeur. En tant que meneur dans les sondages, le chef du PQ avait davantage à perdre qu’à gagner, et ses adversaires n’ont pas réussi à véritablement le mettre sur la défensive ni à changer fondamentalement le cours de la campagne. Pour PSPP, ne pas perdre le débat aura peut-être été suffisant.
Les débats ont peu d’effet sur les sondages, le PQ se rapproche d’une majorité
Les deux premiers débats ont eu peu d’effet sur les intentions de vote des Québécois. Toutefois, les récents mouvements chez les électeurs plus âgés et les francophones, combinés à la fragmentation persistante du vote entre les différents partis, jouent maintenant en faveur du PQ. Selon les modèles de projection de sièges, le parti n’est désormais plus qu’à quelques sièges de pouvoir former un gouvernement majoritaire. Le plus récent sondage place le PQ en tête à 29 %, suivi du PLQ à 23 %, de la CAQ à 20 %, du PCQ à 17 % et de Québec solidaire (QS) à 10 %.
Une bromance entre PSPP et Duhaime?
Réduction de la fonction publique, volonté d’alléger la bureaucratie et maintenant primes à la naissance : depuis le début de la campagne, plusieurs propositions du PQ font écho à des idées déjà mises de l’avant par le PCQ. Les chefs du PQ et du PCQ ont également échangé plusieurs politesses au cours des débats nationaux et ont largement évité les affrontements trop acrimonieux entre eux. À quelques semaines du vote, la CAQ et QS tentent maintenant de capitaliser sur cette proximité perçue, en mettant en garde contre la possibilité d’un gouvernement péquiste appuyé par les conservateurs.
Une alliance se dessine contre le projet de train à grande vitesse
Dans la foulée de leur convergence sur d’autres enjeux, Éric Duhaime a promis d’unir ses forces à celles du PQ pour bloquer le projet de train à grande vitesse d’Alto. Le chef conservateur s’oppose au tracé prévu, qui relierait Québec à Toronto mais traverserait au passage d’importantes superficies de terres agricoles. Le chef du PQ s’est lui aussi prononcé contre le projet au cours des dernières semaines, soutenant notamment que les compensations offertes aux agriculteurs sont insuffisantes. Ce grand projet d’infrastructure canadien pourrait-il désormais être compromis si le PQ et le PCQ détenaient ensemble une majorité de sièges à l’Assemblée nationale?
Le PQ accusé de préparer le terrain à l’austérité dans son cadre financier
Au cours des dernières semaines, plusieurs analystes ont relevé des incohérences dans le cadre financier du PQ, dévoilé en l’absence de son chef, particulièrement en ce qui concerne les revenus gouvernementaux projetés. Combiné à l’engagement du parti de rétablir rapidement l’équilibre budgétaire, cela alimente les inquiétudes quant à de possibles répercussions importantes sur les services publics. La CAQ et QS se sont joints aux critiques, accusant PSPP de préparer un retour à l’austérité et de raviver les souvenirs des compressions mises en œuvre sous le gouvernement libéral de Philippe Couillard.
Un autre embarras pour la CAQ
La CAQ a récemment dû composer avec une controverse impliquant l’un de ses députés, qui a distribué des billets de 20 $ dissimulés dans des prix aux couleurs du parti lors d’une activité de bingo. L’incident a suscité les critiques des autres formations politiques et forcé Christine Fréchette à reconnaître un sérieux manque de jugement de la part du député.
Verdict : quatrième semaine
Meilleure semaine :
Le PQ, qui a bien traversé les trois débats des chefs et évité les faux pas majeurs malgré les attaques répétées de ses adversaires. Toujours en tête des intentions de vote, le parti peut maintenant envisager plus sérieusement la possibilité non seulement de former le gouvernement, mais de former un gouvernement majoritaire.
En difficulté :
La CAQ peine toujours à renverser la tendance à un moment crucial de la campagne. Les controverses se sont multipliées au cours des derniers jours et le parti demeure au troisième rang des intentions de vote, derrière le PQ et le PLQ.
À surveiller :
Le PCQ dans la région de Québec. L’un des principaux éléments à surveiller dans les derniers jours de la campagne sera de voir si le parti peut conserver son avance dans la région et, surtout, convertir cet appui en sièges. Une performance suffisamment forte lui permettrait de faire son entrée à l’Assemblée nationale.

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