Élections québécoises 2026 : bilan de la première semaine
- David Boudeweel
- il y a 2 jours
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La première semaine de la campagne électorale québécoise est déjà derrière nous. Si les partis ont multiplié les engagements, l’élément le plus important demeure la dynamique politique qui commence à se dessiner.
La course se resserre, les enjeux économiques occupent plus de place que prévu et le retour des tensions commerciales avec les États-Unis a donné à la Coalition avenir Québec (CAQ) l’occasion de reprendre du momentum à un moment charnière.
La CAQ est de retour dans la course
Le développement le plus important de cette première semaine est le resserrement de l’écart entre le Parti québécois (PQ) et la CAQ.
Les sondages varient, mais la tendance qui se dégage est de plus en plus claire. Le PQ demeure en première place, tandis que la CAQ gagne du terrain et que le Parti libéral du Québec (PLQ) recule. Le plus récent sondage cité cette semaine plaçait le PQ à 29 %, suivi de la CAQ à 24 %, du PLQ à 22 %, du PCQ à 15 % et de Québec solidaire à 10 %.
Une partie de l’élan de la CAQ remonte à avant le déclenchement officiel de la campagne, dans la foulée de la plus récente escalade des tarifs américains. Celle-ci a permis à Christine Fréchette de revenir à l’un de ses thèmes les plus forts : l’incertitude économique et la protection des entreprises et des emplois québécois.
Cet enjeu s’est révélé particulièrement utile pour Fréchette, puisqu’il lui permet de faire campagne comme première ministre en exercice appelée à répondre à une menace économique extérieure, plutôt que de simplement devoir défendre le bilan de la CAQ au pouvoir. Il a également contribué à ramener la conversation vers l’économie, un terrain sur lequel son expérience comme ministre de l’Économie lui confère un avantage naturel et modifie considérablement l’équation politique.
Plutôt que de commencer la campagne avec un PQ dominant face à une opposition fragmentée, nous assistons maintenant à une course dans laquelle la CAQ peut de façon crédible se présenter comme la principale solution de rechange à un gouvernement péquiste.
Pour les libéraux, les gains de la CAQ constituent un signal d’alarme. Charles Milliard doit maintenant réussir à positionner son parti comme l’alternative à la fois au gouvernement caquiste et au PQ. Jusqu’à maintenant, toutefois, la campagne s’est largement dessinée comme un affrontement entre Christine Fréchette et Paul St-Pierre Plamondon.
Les partis tentent de définir la question de l’urne
La CAQ a consacré une bonne partie de sa première semaine à mettre de l’avant la gestion de l’économie, l’efficacité gouvernementale et le rôle du secteur privé.
Parmi ses propositions les plus importantes, Christine Fréchette s’est engagée à permettre aux médecins de pratiquer simultanément dans les réseaux public et privé et à exiger de Santé Québec une réduction de plusieurs milliards de dollars de ses dépenses administratives.
Le PQ, de son côté, s’est rapidement tourné vers les thèmes de l’immigration, de la langue et de l’identité. Paul St-Pierre Plamondon a présenté un vaste plan visant à renverser ce que son parti décrit comme le déclin du français, notamment en proposant de réduire considérablement le nombre de nouveaux arrivants admis au Québec.
Les deux partis tentent ainsi de déterminer ce qui occupera l’esprit des électeurs au moment de voter : la gestion économique et la performance du gouvernement, ou encore l’immigration, la langue et l’identité québécoise.
Une campagne étonnamment axée sur l’économie
L’un des aspects les plus intéressants de la campagne jusqu’à maintenant est l’importance accordée aux enjeux économiques et à l’efficacité de l’État.
La réduction de la bureaucratie, la diminution de la taille ou du coût de l’État, l’élargissement du rôle du secteur privé en santé, les baisses d’impôts et l’accélération du développement ont tous fait partie des discussions.
Les libéraux ont proposé la création d’une équipe « Efficacité Québec » chargée de réduire la bureaucratie gouvernementale, en plus de s’engager à construire 100 000 nouveaux logements.
L’énergie est également revenue parmi les enjeux électoraux. Éric Duhaime, du PCQ, a fait du développement des ressources québécoises en gaz naturel une condition à son appui à un gouvernement minoritaire, tout en proposant d’importantes baisses d’impôts.
Québec solidaire se situe à l’autre extrémité de ce débat, proposant un investissement de 23 milliards de dollars dans le transport collectif ainsi qu’une cible annuelle d’immigration de 70 000 nouveaux arrivants.
Pour le moment, la campagne se caractérise donc par des différences particulièrement claires entre les partis quant au rôle de l’État, aux dépenses publiques, à la fiscalité et au développement économique.
Verdict de la première semaine
Meilleure semaine : la CAQ. Christine Fréchette amorce la campagne dans une position considérablement plus forte que celle qu’occupait son parti il y a seulement quelques mois. La CAQ a gagné du terrain dans les sondages, bénéficié du retour à l’avant-plan des tarifs américains et de l’incertitude économique, contribué à définir les premiers débats de la campagne et, surtout, réussi à se repositionner comme une aspirante crédible au pouvoir.
En difficulté : le Parti libéral du Québec. Le problème n’est pas simplement que les libéraux ont connu une première semaine relativement tranquille, mais plutôt que l’émergence d’un affrontement PQ–CAQ laisse moins d’espace politique à Charles Milliard pour s’imposer comme la principale solution de rechange à un gouvernement péquiste.
À surveiller : la capacité de la CAQ à maintenir son élan — et celle du PQ à ramener la campagne vers les enjeux sur lesquels il préférerait livrer bataille.



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