Élections Québec 2026 : c’est parti !
- David Boudeweel
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Ça y est : le Québec est officiellement en campagne électorale! Tout au long des prochaines semaines, l’équipe de Québec Now demeurera à l’affût et vous présentera, sur un plateau d’argent, les moments chauds de la campagne. Alors que les autobus de campagne font vrombir leur moteur, on commence en force avec ce premier état des lieux.
Ce que disent les sondages
À l’heure de déclencher la campagne électorale, le Parti Québécois (PQ) part avec le statut de favori, à 30% des intentions de vote. La Coalition Avenir Québec (CAQ) profite de la guerre tarifaire et poursuit sa timide remontée, arrivant désormais ex æquo en deuxième position avec le Parti libéral du Québec, qui recule à 23%. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) progresse à 16%, tandis que Québec solidaire (QS) s’effondre à 7%.
Une volonté de changement
Après huit années de gouvernance caquiste, les Québécoises et Québécois veulent du changement. Et la CAQ elle-même le reconnaît : le parti a été renommé Équipe Fréchette, son logo a quasiment disparu de ses communications, et Christine Fréchette n’hésite pas à se distancier de son prédécesseur.
Des chefs mal-aimés
Sondage après sondage, cette tendance se dégage : plus les Québécoises et les Québécois apprennent à connaître les aspirants au poste de premier ministre, moins ils les apprécient, tous partis confondus. Un contexte avec lequel il sera difficile pour les partis de composer, compte tenu du fait que leurs chefs seront surexposés au cours des prochaines semaines.
Guerre tarifaire : une campagne sous l’influence de Trump
Avec l’échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis et l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, et après l’annonce par le PQ du report de son référendum à l’ère post-Trump, le président américain a déjà, en à peine une semaine, donné le ton à deux reprises à la campagne électorale.
Chaque parti face à son défi
Peu importe sa position de départ, chaque parti fait face à ses propres défis :
Parti Québécois (PQ) : Transformer des appuis durables en victoire électorale. Le PQ domine les intentions de vote depuis 2023, mais le défi est maintenant de convertir cette avance en gains concrets dans les circonscriptions. Paul St-Pierre Plamondon devra aussi franchir une nouvelle étape dans sa propre définition politique : au-delà de son rôle de chef de l’opposition, il devra convaincre les électeurs qu’il a l’étoffe, le jugement et la crédibilité nécessaires pour devenir premier ministre.
Parti libéral du Québec (PLQ): Faire entendre sa voix et ses idées. Sur le plan médiatique, le PLQ et son chef Charles Milliard sont effacés, quasi absents. Sur le plan politique, le PLQ semble coincé entre le PQ, qui représente le nationalisme, et l’économie, incarnée par la CAQ. Le PLQ doit trouver un angle pour se distinguer, au risque de s’effondrer. Et c’est sans compter la succession de candidats annoncés, qui se sont ensuite retirés de la course.
Coalition Avenir Québec (CAQ) : Incarner le changement dans la continuité, et la sécurité sans opportunisme. Difficile pour Christine Fréchette d’incarner le changement voulu par les Québécois. Elle doit trouver un moyen de détourner le débat électoral du passif gouvernemental. Elle devra aussi concilier ses rôles de cheffe caquiste et de première ministre, en défendant l’économie sans paraître opportuniste.
Parti conservateur du Québec (PCQ) : Concentrer ses efforts là où une percée est réellement possible. Pour le PCQ, l’enjeu sera de transformer ses appuis en sièges, particulièrement dans les circonscriptions gagnables de la région de Québec et de Chaudière-Appalaches. Éric Duhaime devra garder la campagne centrée sur son agenda et ses priorités, tout en évitant que des déclarations ou controverses provenant de candidats ne viennent détourner l’attention et lui faire perdre le contrôle du message.
Québec solidaire (QS) : Rester pertinent dans un contexte politique moins favorable à ses thèmes traditionnels. Québec solidaire devra trouver une façon de renouer avec un électorat qui semble actuellement moins réceptif à plusieurs de ses revendications historiques. Son défi sera de faire entendre ses priorités dans une campagne dominée par d’autres préoccupations, tout en démontrant qu’il demeure une force politique pertinente au-delà de son électorat le plus fidèle.
Retour sur la précampagne
Même si la campagne est déclenchée officiellement aujourd’hui, dans les faits, les partis ont été en action tout l’été.
Les gagnants
Le PQ, qui demeure en tête des sondages et a jusqu’ici remporté la bataille des candidatures vedette. Le parti conserve son statut de favori sans avoir encore subi l’usure qui accompagne normalement cette position.
La CAQ, qui a réussi à imposer plusieurs de ses thèmes dans la discussion électorale, notamment Churchill Falls et la riposte tarifaire. Elle parvient ainsi à déplacer une partie du débat du bilan gouvernemental vers l’économie et la défense des intérêts du Québec.
Le PCQ, qui a réussi à faire entrer plusieurs de ses thèmes dans le débat public et bénéficie d’un contexte plus favorable à certaines de ses positions.
Les perdants
Le PLQ, largement absent de la conversation politique au cours de l’été, tandis que les allégations de malversations liées au parti sont revenues dans l’actualité. Rien pour aider Charles Milliard à imposer une image positive et renouvelée du PLQ à l’approche de la campagne.
QS, également absent de l’espace public, dans un contexte où les thèmes qui dominent actuellement la campagne correspondent peu à ses revendications traditionnelles.



Commentaires