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  • David Boudeweel-Lefebvre

Un gouvernement fédéral très actif

Depuis quelques mois, tandis que les sondages lui sont défavorables, le gouvernement de Justin Trudeau multiplie les annonces coûteuses. Que ce soit pour un plan national de garderies, en matière de soins dentaires, de médicaments ou pour l’habitation, on ne compte plus les nouveaux programmes que le gouvernement fédéral promet de mettre en place. Ces initiatives visent à assurer au gouvernement l’appui du NPD et à séduire un électorat qui abandonne progressivement le parti au pouvoir.


Ces annonces ne passent pas inaperçues et sont loin d’être populaires auprès de certaines provinces. Au Québec, entre autres, la volonté du fédéral de créer des programmes dans des champs de compétences des provinces n’est pas bienvenue. Que le fédéral donne des transferts en santé, des fonds pour le logement social ou un crédit d’impôt pour les frais dentaires des enfants est une chose. Créer un programme de gestion active des loyers, une assurance médicaments et un plan national de garderie en sont une autre. Deux visions du pays se confrontent.


Récemment, on a aussi remarqué que d’autres provinces que le Québec s’inquiètent des ambitions du grand frère d’Ottawa. L’Alberta et la Saskatchewan, notamment, craignent que le fédéral ne commence à être trop intrusif et nuise à leurs propres programmes. La demande du Québec d’avoir un droit de retrait avec compensation gagne des adeptes dans le reste du pays. Même l’Ontario, pourtant souvent bénéficiaire des largesses du gouvernement fédéral, s’inquiète des annonces en matière de logement qui vise à directement financer certaines municipalités.


Plusieurs des mesures proposées seront précisées dans le cadre du budget du 16 avril prochain. En attendant, les provinces demeurent sur le qui-vive. Au-delà de l’intrusion dans leurs champs de compétences, plusieurs provinces craignent une augmentation rapide du déficit fédéral qui viendrait limiter leur capacité d’obtenir des paiements de transfert pour leurs propres priorités. Ce que le Québec a identifié comme problème il y a des décennies, soit le pouvoir du gouvernement fédéral de dépenses dans les compétences des provinces, commence à devenir une préoccupation presque partout au Canada. Souvent dociles, certaines provinces du Canada anglais commencent elles aussi à remettre en question les intentions du fédéral, surtout que plusieurs d’entre elles ont définitivement une saveur électoraliste.


Il sera intéressant de voir, au lendemain du budget, si l’inquiétude des provinces se transformera en colère ou si elles choisiront de s’unir afin de défendre leur autonomie.

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