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  • David Boudeweel-Lefebvre

Troisième lien autoroutier Québec-Lévis: un premier séisme politique pour la CAQ

L’abandon du projet de troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis aura fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines. Si cette promesse controversée, que la CAQ traînait comme un boulet depuis son élection en 2018, concernait essentiellement Québec et ses banlieues, son abandon, toutefois, risque de se répercuter au-delà de ces frontières. Analyse.

Retour sur une promesse-phare controversée

Alors dans l’opposition, François Legault conclut un pacte ambitieux avec la population de la Capitale-Nationale québécoise et de ses banlieues : s’il est élu, il s’engage à construire un troisième lien autoroutier entre Québec et sa Rive-Sud. Il s’agit d’un projet qui jouit d’une grande popularité à l’échelle régionale, mais mal-aimé à l’échelle nationale. Pourquoi un tel risque, alors que les électeurs semblent déjà pencher vers la CAQ? Parce que l’allégeance politique des gens de la région de Québec est volatile, et parce que, sans être une règle absolue, le parti politique qui « gagne Québec » forme souvent le gouvernement.

Six ans, de nombreuses études défavorables et délais et deux élections plus tard, la CAQ a officiellement enterré le projet, prétextant une baisse d’achalandage durable en raison de la nouvelle réalité du télétravail. Cette avenue était inévitable : on parlait d’un projet de plus de 10 milliards de dollars, pour lequel le premier ministre Justin Trudeau n’aurait pas versé un sou.

Colère et incompréhension à Québec

Le retour sur Terre n’en est pas moins brutal pour la région de Québec, qui a l’impression de s’être fait mener en bateau depuis cinq ans. Les élus, les radios et la population locales n’ont pas de mots assez durs pour qualifier ce revirement spectaculaire. Habituellement unis derrière leur parti, des députés caquistes, et même des ministres, ont fait publiquement part de leur désarroi.

Un enjeu régional, de potentielles répercussions nationales

Au-delà de la grogne locale, d’autres écueils pointent à l’horizon. D’abord, il s’agit de pain béni pour Éric Duhaime, en pleine campagne de maraudage afin de provoquer la défection d’un député vers son Parti Conservateur du Québec. Cela lui permettrait d’entrer à l’Assemblée nationale et de disposer d’une visibilité et de ressources financières accrues, et d’ébranler la suprématie caquiste dans la région. Est-ce qu’un élu mécontent de Québec osera franchir le pas?

Pour leur part, les oppositions voudront assurément connaître le moment auquel le gouvernement a su qu’il ne pourrait pas tenir cet engagement-phare considérant que le Québec était en élections générales il y a à peine six mois.

Finalement, d’autres nuages se profilent à l’horizon : le nouveau projet caquiste de lien exclusivement dédié au transport collectif est mal défini. Pierre Poilievre, qui pourrait devenir le prochain premier ministre du Canada, a promis qu’il refuserait de financer un projet excluant les voitures. Malgré sa mort, donc, le troisième lien autoroutier Québec-Lévis n’a pas fini de hanter François Legault.

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