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  • David Boudeweel-Lefebvre

Retour sur une fin de semaine hautement politique au Québec

Les 25 et 26 mai, trois des quatre principales formations politiques québécoises ont tenu leur congrès annuel. Retour sur un week-end politique chargé!

 

Coalition Avenir Québec – Un congrès sans artifices, mais aussi sans erreurs

Actuellement doublée dans les sondages, et dans les derniers milles d’une session parlementaire probablement plus difficile que prévu, l’équipe de François Legault a opté pour un rendez-vous sans artifice. Aucune annonce majeure n’a été effectuée au cours de la fin de semaine. Après que le premier ministre François Legault ait qualifié les réseaux sociaux de pushers virtuels et ne pas avoir exclu leur interdiction pour les jeunes âgés de moins de 16 ans, les membres de la CAQ ont toutefois voté en faveur d’une résolution demandant la tenue d’une commission parlementaire sur cet enjeu. Dans les coulisses, on raconte que la CAQ est désormais frileuse à procéder à un remaniement ministériel cet été, par crainte de générer des déceptions chez les élus qui n’accéderaient pas au saint des saints (ou qui en seraient exclus!), et, par la bande, des élections partielles que les caquistes pourraient perdre. Une situation qui, paradoxalement, alimente les frustrations de députés, qui pour certains, attendent patiemment leur tour depuis 2018.

 

Québec Solidaire – La fronde interne contenue, pour le moment

La fin de semaine s’annonçait tendue pour l’équipe parlementaire de Québec solidaire, qui était attendue de pied ferme par la frange plus radicale de ses militants. En cause : la volonté du co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois de procéder à un recentrage de sa formation politique après la démission fracassante de l’ex co-porte-parole Émilise Lessard-Therrien, et ce, afin de rejoindre davantage de Québécois et ainsi d’aspirer à former, un jour, le gouvernement. Au terme de débats parfois houleux, la Déclaration de Saguenay, émanation de cette volonté, a finalement été adoptée par les militants de Québec Solidaire. Le programme électoral de la formation politique sera donc élagué et actualisé, une opération politique qui s’annonce complexe et qui sera à surveiller dans les prochains mois. Qu’importe : pour le moment, il s’agit d’une victoire politique importante pour Gabriel Nadeau-Dubois, qui avait d’ailleurs mis son siège en jeu sur cette question. 

 

Parti libéral du Québec – Rigueur budgétaire : retour vers le futur ?

Les libéraux sont toujours en grandes difficultés dans les sondages. Ils n’ont pas de chef permanent, la course à la chefferie n’est pas amorcée, et aucun aspirant ne s’est officiellement déclaré. Qu’importe : ceux-ci ont choisi de faire de leur congrès une grand-messe politique et médiatique, au cours duquel un hommage bien senti a été rendu aux derniers premiers ministres libéraux, Jean Charest et Philippe Couillard. Pour plusieurs observateurs, il s’agissait là d’une manière pour les libéraux de faire la paix avec le passé, avant de se projeter dans le futur. Probablement inspiré par le moment, le chef intérimaire Marc Tanguay a choisi de positionner son parti comme défenseur d’une stricte rigueur budgétaire, une recette qui a pourtant contribué à la défaite libérale de 2018. Assurément, il s’agit d’un positionnement qui les distingue des autres formations politiques, surtout dans un contexte de déficits importants.

 

Parti Québécois – Pas de Congrès, mais dans tous les esprits

C’était la seule des principales formations politiques qui ne tenait pas de rendez-vous militant ce week-end, et ironiquement, son nom était sur toutes les lèvres, considérant l’ampleur de son avance dans les sondages. Chez les militants caquistes, on dénotait ainsi une certaine incompréhension, voire une frustration, de l’avance du chef Paul Saint-Pierre Plamondon dans l’électorat, alors que celui-ci dispose d’une faible notoriété, et qu’il propose la tenue d’un référendum dans un premier mandat. On sent aussi une certaine nervosité dans les instances : ainsi, la proposition de tenir une commission parlementaire sur l’enjeu de la dépendance aux écrans chez les jeunes est aussi une réponse directe au Parti Québécois, qui a su habilement mettre les caquistes en difficulté sur cet enjeu dans les dernières semaines. Les solidaires n’ont pas été en reste non plus : leur co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est permis une attaque en règle contre le projet de référendum sur l’immigration proposé par l’autre formation souverainiste. Les libéraux sont pour le moment plus discrets sur la montée en puissance de leur vieil ennemi. Après tout, le retour éventuel d’une scène politique québécoise polarisée entre les souverainistes et les fédéralistes pourrait bien finir par leur profiter, comme cela a longtemps été le cas.   

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