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  • David Boudeweel-Lefebvre

Réforme de la construction au Québec: un changement nécessaire

Après plus de trois décennies sans changement significatif, l'industrie de la construction au Québec s'apprête à vivre une transformation historique. Depuis 1993, aucun gouvernement n'a osé toucher à ce secteur, connu pour ses règles rigides et ses pratiques établies. C'est donc avec une certaine audace que le ministre du Travail du Québec, Jean Boulet, a présenté au début de la nouvelle session législative un projet de loi visant à réformer radicalement le secteur.

Les réactions à cette annonce sont mitigées. D'une part, les promoteurs et les constructeurs saluent l'initiative, mais estiment que le projet de loi aurait pu être plus ambitieux. D'autre part, les syndicats ont dénoncé la réforme, reflétant ainsi les tensions prévisibles entre les différentes parties prenantes.

Les grandes lignes de la réforme

La réforme proposée par le gouvernement Legault s'attaque à deux piliers historiquement intouchables de l'industrie : la mobilité des travailleurs entre les régions et la stricte segmentation entre les différents métiers. La réforme de la ministre Boulet vise trois objectifs principaux :


  • Réduire l'écart de productivité du Québec par rapport au reste du Canada, notamment sur les chantiers de construction ;

  • Atténuer les effets de la pénurie de main-d'œuvre dans l'industrie ;

  • Améliorer la gouvernance de l'industrie de la construction.

Pénurie de main-d'oeuvre et projets d'infrastructure

L'industrie de la construction au Québec fait face à une grave pénurie de main-d'œuvre. Cette réforme survient au moment où des investissements massifs sont prévus au Québec, notamment par Hydro-Québec, avec plus de 150 milliards de dollars de projets d'infrastructures. Les besoins croissants en matière de construction et de rénovation d'hôpitaux, d'écoles, de routes et de logements nécessitent également une main-d'œuvre flexible et disponible.

Principaux changements proposés

À partir de mai 2025, les clauses restreignant l'embauche de travailleurs d'autres régions seront interdites. Cette mesure vise à faciliter la mobilité et l'accès à l'emploi sur l'ensemble du territoire québécois. Un autre aspect clé de la réforme est le «décloisonnement» des métiers. Actuellement, il existe 25 métiers différents au Québec, contre sept en Ontario. La réforme vise à réduire ce nombre à cinq métiers spécialisés, afin de favoriser la polyvalence et l'efficacité sur les chantiers. En outre, la réforme vise à promouvoir la diversité sur les chantiers de construction, notamment en reconnaissant davantage les compétences des travailleurs immigrés.

Réactions et impacts potentiels

Alors que les entreprises de construction voient dans ces changements une occasion d'améliorer leur productivité et de réaliser des économies substantielles, les syndicats expriment de sérieuses inquiétudes. Ils craignent une détérioration des conditions de travail, de la qualité de la formation et, par extension, de la qualité de la construction.

La réforme de l'industrie de la construction proposée par la ministre Boulet représente un tournant potentiel pour le secteur au Québec. Il reste à voir comment cette réforme évoluera au fil des débats parlementaires et des négociations entre les différents acteurs du secteur.

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