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  • David Boudeweel-Lefebvre

Le budget fédéral en un coup d'œil

Sous le thème « Une relance axée sur les emplois, la croissance et la résilience », la ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, a aujourd’hui déposé le budget annuel du Canada, deux ans après le dépôt du dernier budget. Il s’agit du premier exercice présenté par la ministre Freeland à la suite du départ de l’ancien ministre des Finances, Bill Morneau. Marqué par la pandémie et la relance économique, ce budget se veut un investissement massif du gouvernement pour accélérer le retour à la normalité et mettre l’emphase sur la participation des Canadiens au marché du travail.


Voici les faits saillants de ce budget :


Les dépenses du gouvernement fédéral pour 2021-2022 seront de 509,8 milliards de dollars.

Les revenus seront de 355,1 milliards de dollars.

Le déficit projeté pour 2021-2022 est de 154,7 milliards de dollars.

Le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas mentionné par le gouvernement qui prévoit un déficit de 30 milliards de dollars en 2025-2026.

La dette fédérale est estimée à 1233,8 milliards de dollars pour 2021-2022.


Principales mesures annoncées :

· Plan de relance de 101 milliards de dollars sur trois ans dans le cadre de l’après pandémie de COVID-19. 27 milliards seront consacrés à des programmes d’aide à la relance pour les individus et les entreprises. La nouvelle formule souple de l’assurance-emploi demeurera en place jusqu’en 2022.

· Prolongation de la subvention salariale et de la subvention au loyer jusqu’au 25 septembre 2021. Une mesure de 12,1 milliards de dollars en lien avec les programmes fédéraux existants.

· Une aide de 1 milliard de dollars sera accordé aux secteurs les plus touchés par les mesures de confinement (tourisme, hébergement, événements…).

· 5 milliards de dollars seront investis dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre des initiatives environnementales prioritaires du gouvernement.

· Une somme de 30 milliards de dollars sur cinq ans est investie pour créer un réseau national de garderies. Le prix moyen visé pour ces places en garderie sera de 10$/jour par enfant en 2025-2026. Cette mesure est mise sur pied pour aider les personnes à plus faible revenu, les femmes et les jeunes, fortement touchés par la crise sanitaire.

· Création du nouveau Programme d’embauche pour la relance économique du Canada pour aider les entreprises à réembaucher les employés mis à pied pendant la pandémie ou à accroître leurs effectifs. Le gouvernement investi 595 millions de dollars dans ce programme qui sera en vigueur de juin à novembre.


La ministre des Finances prend aussi un angle social dans son budget, principalement en renforçant les mesures pour les personnes âgées.


Les prestations de la Sécurité de la vieillesse seront augmentées pour les personnes âgées de plus de 75 ans à un coût d’environ 2,4 milliards par année sur les cinq prochaines années. Ceci comprend un premier paiement cet été et une majoration des prestations de 10% dès l’été 2022.


Le gouvernement fédéral investit aussi dans les soins de longue durée avec un transfert de 3 milliards sur cinq ans. Ceci vise essentiellement les aînés avec peu de revenus et ceux en maintien à domicile.

Le gouvernement fédéral prévoit par ailleurs une réouverture complète de l’économie d’ici la fin de l’été, étant confiant de pouvoir fournir un vaccin à tous les Canadiens qui le désirent d’ici la fin du mois de septembre 2021.


Le budget présenté par la ministre Freeland devrait recevoir l’appui du NPD, tel qu’annoncé par le chef du parti Jagmeet Singh. Ceci permettra la survie du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau ce printemps au niveau parlementaire.


La position des autres partis d’opposition est plus équivoque. Nous nous attendons à ce que le Parti conservateur, étant donné qu’il se présente comme l’alternative au pouvoir au Parti Libéral, vote contre le budget. L’Opposition officielle tentera certainement de présenter des amendements au budget mais au vote final, elle devrait s’opposer au libellé final du budget.


Du côté du Bloc Québécois, son chef Yves-François Blanchet ne s’est pas commis pour l’instant. Étant donné que ses deux propositions principales, ses « fins de non-recevoir » n’ont pas été incluses, on peut s’attendre à ce que le parti vote contre la forme finale du budget. Le parti s’est toutefois gardé une marge de manœuvre.


Ce budget à saveur électorale met la table pour de possibles élections cet automne alors que l’économie battra à plein régime, que la population sera vaccinée et que les investissements gouvernementaux rejoindront directement beaucoup de Canadiens.


En première analyse, on constate que la projection de retour à un déficit plus contrôlé d’ici quelques années pourrait aider le gouvernement à faire passer la pilule de l’augmentation rapide des dépenses. De plus, l’abondance des dépenses rendra difficile pour l’opposition de battre le budget en Chambre.


Plus que jamais, le premier ministre sera celui qui aura le loisir de procéder à un déclenchement d’élections au moment qu’il jugera propice. Il ne tombera pas sur le budget de manière involontaire.



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