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  • David Boudeweel-Lefebvre

Immigration: le Québec à la croisée des chemins

Au cours des prochains mois, le Québec se prêtera de nouveau à l’exercice d’établir ses niveaux d’immigration pour les prochaines années. La consultation qui se tiendra en août et septembre vise à déterminer le nombre d’immigrants qui seront acceptés, de même qu’à évaluer la capacité d’accueil actuelle de la province. Ceci ne tient pas compte des travailleurs étrangers temporaires, mais tient compte des réfugiés et des nouveaux arrivants dans la catégorie de la réunification familiale.


Sur la table, deux propositions. Tout d’abord, maintenir le niveau officiel à 50 000 nouveaux immigrants par année. En second lieu, augmenter progressivement la cible à 60 000 en 2027. Quand on sait que l’ensemble du pays accueillera environ 450 000 immigrants au cours des prochaines années, les cibles québécoises semblent peu ambitieuses, voire irréalistes en cette période de pénurie de main-d’œuvre.


Actuellement, le secteur des affaires au Québec demande à la province d’accueillir plus d’immigrants afin de maintenir la lancée et d’éviter des coupures de service faute de travailleurs. Le secteur public (santé, éducation, services communautaires) emboîte le pas, faisant face, lui aussi, à des pénuries importantes.

Le dilemme de l'intégration

Devant ces demandes, il sera intéressant de voir comme le gouvernement en place, se disant nationaliste et prodéveloppement économique, jonglera avec la question. Une bonne partie des électeurs, au Québec, estiment que l’immigration doit d’abord être francophone pour faciliter son intégration. Toutefois, les bassins de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs pays francophones sont limités. Le Canada anglais se formalise moins de la langue parlée par un nouvel arrivant, confiant que le travail et le système d’éducation seront des vecteurs d’immigration suffisants.


Quand on voit ce que sont devenues Toronto, Vancouver et même Calgary, il est évident qu’une ouverture à plus d’immigrants créé de belles opportunités. Par contre, ces villes n’ont pas le même défi linguistique que Montréal ou Québec.

L'importance de l'immigration

Au-delà des réactions émotives, la question de l’immigration au Québec et au Canada est essentielle. Les nouveaux arrivants sont une source de plus en plus importante de croissance, de développement de nouvelles entreprises et de main-d’œuvre. Ils sont aussi entrain de modifier le paysage social du pays en entier. Le Québec, dans la fédération, fait un peu bande à part pour des raisons linguistiques et culturelles. Il n’est toutefois pas certain que la province puisse se permettre de risquer de manquer le bateau et de voir son poids démographique continuer de rapidement diminuer face aux autres provinces.


Le Québec dit souvent qu’il veut compétitionner économiquement avec l’Ontario et être au-dessus de la moyenne canadienne selon les principaux indicateurs économiques. Il nous apparaît évident qu’une cible relevée en matière d’immigration doit faire partie de l’équation.

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