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  • David Boudeweel-Lefebvre

Des syndicats au front contre le gouvernement

Tandis que la rentrée parlementaire à Québec approche à grands pas, on constate que plusieurs dossiers de négociations avec les syndicats du secteur public sont au point mort. Autant dans le réseau de la santé que celui de l’éducation, le gouvernement se heurte à des centrales syndicales qui ne veulent pas lâcher le morceau en cette ère inflationniste.


Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, le gouvernement de la CAQ de François Legault n’a pas eu des négociations trop difficiles avec les syndicats du secteur public. Vu la bonne santé des finances publiques et la croissance de ses revenus, le gouvernement a pu être généreux et faciliter un rattrapage par rapport aux administrations précédentes. La crise de la COVID-19 a aussi permis d’offrir des primes généreuses, tout en conservant l’appui de la population. Il fallait aider les infirmières et autres employés de la santé et cette orientation passait comme un bon investissement.


Alors qu’un ralentissement économique est désormais à prévoir, et que le gouvernement a moins de marge de manœuvre, il tente de jouer plus serré, particulièrement avec les employés de ses deux plus gros réseaux. Mais aux tables de négociations, ça passe mal. Les syndicats se souviennent des chèques de 500$ envoyés à des millions de Québécois pour lutter contre l’inflation, ainsi que de récentes baisses d’impôts. Jumelés à cela la récente hausse de salaire des députés, on sent que les syndicats ont raffermi leurs positions. Les employés de l’État disent « c’est à notre tour ».


Négocier en temps de réforme

Si ce n’était que des négociations en temps normal, il y aurait moins d’inquiétudes. Mais comme les négociations actuelles arrivent en même temps qu’un immense projet de loi de réforme du système de santé, et des changements importants en éducation, cela ajoute un niveau de complexité. Les employés ont des demandes salariales, certes, mais aussi en lien avec plusieurs éléments liés aux conditions de travail, dont l’évolution est incertaine en raison des changements législatifs en cours. Pour le gouvernement, difficile même d’évaluer jusqu’où il peut jeter du lest sans compromettre ses prudentes orientations budgétaires.


Si le passé est prédicteur de l’avenir, on peut s’attendre à ce que le gouvernement préfère ouvrir les cordons de la bourse plutôt que d’avoir à faire face à des grèves ou autres moyens de pression. Reste que les payeurs de taxes québécois, devant eux-mêmes se serrer la ceinture actuellement, seront peut-être désormais moins enclins à accepter un traitement plus favorable des employés de l’État.

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