top of page
Rechercher
  • David Boudeweel-Lefebvre

Bilan de la session parlementaire : de bons coups... et des moins bons

Depuis la semaine dernière, les parlementaires sont de retour dans leurs circonscriptions respectives, après avoir quitté pour l’été l’Assemblée nationale. Que doit-on retenir de la dernière session parlementaire?


Un début de mandat sur les chapeaux de roue pour la CAQ

Sur le plan législatif, l’équipe de François Legault aura profité de la première vraie session parlementaire de son second mandat pour amorcer de nombreux chantiers. Parmi ceux-ci, des promesses phares issues de sa plateforme électorale : plusieurs mesures pour s’attaquer à l’inflation ou encore la grande réforme du système de santé, ainsi que la création d’un Fonds Bleu pour protéger les cours d’eau québécois. Les ministres caquistes ont également sorti quelques lapins de leurs chapeaux, que l’on pense aux projets de loi sur la réforme de la gouvernance scolaire, sur l’expropriation, sur l’habitation, ou sur la lutte contre l’obsolescence programmée. Dans ces derniers cas, un même objectif est poursuivi: profiter de la première année de mandat pour régler divers irritants qui n’ont pas été adressés par les gouvernements précédents, faute de capital politique nécessaire. Il s’agit d’ailleurs d’un alignement qui devrait, sauf surprise, être maintenu à l’automne prochain. Au final, pas moins d’une trentaine de projets de loi ont été présentés par l’équipe gouvernementale, et, fait notable, près d’une vingtaine a été adoptée.


Un retour aux affaires productif, mais plus laborieux que prévu

Si elle a été productive et parsemée de bons coups, la dernière session n’a toutefois pas été sans heurts pour le gouvernement : l’abandon du troisième lien Québec-Lévis, une promesse-phare, a ébranlé pour une première fois la confiance du public envers François Legault, en plus de créer des fissures à l’intérieur du caucus caquiste. Certains ministres se sont livrés à des déclarations tantôt maladroites, tantôt insensibles. Finalement, l’adoption d’un projet de loi haussant le salaire des députés de plus de 30 000$, en pleines négociations avec les employés du secteur public, n'a pas recueilli les faveurs du public. Il n’en reste pas moins qu’au final, la CAQ s’en tire sans trop de mal : ses appuis, en légère baisse, se sont stabilisés selon les sondages.


Une opposition plus affaiblie que jamais

Si l’équipe de François Legault ne souffre pas trop de ses faux pas, c’est avant tout en raison de la faiblesse des oppositions. Le Parti libéral du Québec, toujours sonné de sa cuisante défaite électorale, est aux prises avec des questionnements existentiels et l’organisation d’une course à la chefferie, dont les prétendants d’envergure ne semblent pas se bousculer au portillon. Québec Solidaire est incapable de se défaire de l’étiquette de gauche montréalaise collée par François Legault, et de connecter avec l’électeur moyen. La populaire co-porte-parole, Manon Massé, a décidé de passer le flambeau à la relève, il faudra voir quel impact ce retrait aura sur l’électeur solidaire. Maintenant la pandémie terminée, et sans accès à l’Assemblée nationale, le Parti conservateur d’Éric Duhaime semble avoir de la difficulté à exister. Le Parti Québécois, contre toute attente, est probablement le parti qui s’est le mieux débrouillé, malgré son caucus de trois députés et des ressources limitées. Le parti souverainiste a forcé le gouvernement à faire adopter un projet de loi pour mettre fin à l’obligation des députés de prêter serment au roi, en plus de le prendre de vitesse à plus d’une reprise sur le terrain nationaliste. Fort d’une deuxième (quoique lointaine) position dans les sondages, les péquistes se plaisent désormais à se présenter comme étant la seule alternative à la CAQ.



Comments


bottom of page